Les notions de base de la météo marine

Meteo marine
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La météorologie marine ou maritime est une branche de la météorologie générale qui étudie les conditions ayant une incidence sur les grandes étendues d’eau notamment les océans et les mers.

Il s’agit d’une discipline qui fournit des informations vitales pour la sécurité de la navigation maritime. Avec l’essor des nouvelles technologies de l’information, chaque plaisancier peut avoir accès à des outils et des informations météorologiques qui ont été longtemps réservés à la marine militaire et la marine marchande. Dans cet article, nous allons évoquer les notions de base de la météorologie marine et les informations principales fournies pour assurer la sécurité de la navigation.

Météo marine : Les éléments météorologiques principaux

La température

Tous les phénomènes météorologiques sont le résultat du rayonnement solaire qui réchauffe la surface de la terre et l’air ambiant. Un air chaud aura toujours tendance à remonter (mouvement ascendant). En revanche, un air froid aura toujours tendance à descendre vers le sol (mouvement descendant). La circulation de l’air résultant des variations de température constitue une cellule de convection.

La pression

La pression atmosphérique représente le poids d’une colonne d’air sur une zone donnée. Lorsque la pression mesurée est supérieure à 1013 HPa (pression atmosphérique moyenne), on parle de haute pression. Lorsqu’elle est inférieure à 1013 HPa, on parle de basse pression. En principe, l’air se déplace toujours d’une zone de haute pression vers une zone de basse pression. Alors que les hautes pressions forment les anticyclones (zones de hautes pressions), les basses pressions forment les dépressions (zones de basses pression). Une baisse rapide de la pression atmosphérique annonce souvent l’approche du mauvais temps.

Le vent

Parmi tous les éléments météorologiques, le vent représente l’élément qui impacte le plus la navigation maritime. Des vents violents ou des tempêtes peuvent mettre en péril un bateau et impacter la sécurité des personnes à bord. Le vent peut être mesuré en 3 unités :

  • Le nœud qui correspond à une vitesse de 1852 mètres par heure.
  • Le mètre par seconde (un nœud est égale à 0.5 m/s environ).
  • Le kilomètre par heure (un nœud est égal à 1.852 km/h).

La vitesse du vent peut également être estimée en utilisant l’échelle de Beaufort. Il s’agit d’une échelle de graduation empirique élaborée par un amiral anglais qui lui a donné son nom. Elle permet de mesurer la force de vent sur une échelle de 0 à 12 en se basant sur l’état de la mer. La force 0 correspond à une vitesse de vent de moins de 1 km/h, et la force 12 correspond à des ouragans dont la vitesse de vent dépasse 118 Km/h.

A noter qu’en météorologie, on indique toujours le sens d’où vient le vent. Un vent d’ouest par exemple signifie que le vent part de l’ouest vers l’est. Sur une carte météorologique, le vent est représenté par des hampes (lignes longues) munies de barbules (petits traits obliques) ou de flammes (pavillons ou drapeaux triangulaires).

L’humidité

La météorologie marine ne s’intéresse qu’à l’humidité relative, c’est-à-dire la proportion d’humidité renfermée dans une quantité d’air par rapport à la quantité maximale qu’elle peut contenir.

Les instruments principaux de mesure météorologique

Le thermomètre

Le thermomètre mesure la température de l’air en degré Celsius ou Kelvin.

L’hygromètre

Appelé aussi humidimètre, l’hygromètre mesure l’humidité relative de l’air. Les valeurs mesurées sont exprimées en pourcentage (par exemple 80 %).

Baromètre

Le baromètre

Le baromètre permet de mesurer la pression atmosphérique. Les valeurs mesurées sont exprimées en Hecto pascals ou HPa (1 HPa=100 pascals ; 1 Pa = 1 Newton /mètre carré).

L’anémomètre

C’est un outil que mesure la vitesse du vent en nœuds ou en m/s. Il existe des anémomètres enregistreurs (ou anémographes) qui enregistrent la vitesse du vent de manière continue et fournissent des graphes (anémogammes) indiquant éventuellement un renforcement brutal du vent (rafales).

La girouette

Elle indique la direction du vent en utilisant un potentiomètre électronique. Les nouvelles girouettes marines sont couplées à un compas électronique et prennent en compte la déclinaison magnétique et la courbe de déviation.

Quelques phénomènes météorologiques, potentiellement dangereux

Le brouillard

En météorologie marine, le terme brouillard définit une masse de gouttelettes d’eau fines qui se forment à la surface de l’eau et qui réduisent la visibilité à moins de 1 mille marin (1.852 Km). Si la visibilité est réduite, mais tout de même supérieure à 1 mille marin, alors dans ce cas on parle de brume. De nombreux accidents maritimes sont survenus dans un brouillard épais.

La brise de mer

La brise de mer est un vent frais soufflant depuis la mer sur une zone de 10 à 30 Km de la côte. Elle se forme généralement au matin par temps ensoleillé et air instable et s’accentue durant la journée. Ce phénomène s’explique par le fait que la masse d’air au sol se réchauffe et monte vers le haut créant un vide qui est rempli par une masse d’air froid provenant de la mer.

La houle

Dans une zone donnée, la houle représente la progression des vagues engendrées par le vent dans une autre zone (mer du vent). Ces vagues sont plus ou moins violentes et transportent une quantité importante d’énergie. La période d’une houle varie de 5 à 30 secondes.

Lorsqu’elle est supérieure à 12 secondes, on parle alors de houle longue. L’augmentation de la houle, lorsque le vent est faible, peut indiquer l’approche d’une tempête dans les prochaines 24 heures suivant l’apparition du phénomène.

Les cartes météorologiques

La carte météorologique est un outil de travail indispensable. Elle fournit des informations précieuses sur les caractéristiques des phénomènes météorologiques notamment la force et la direction du vent, la pression atmosphérique, les fronts, etc. Sur une carte météo, tous les points ayant une même pression atmosphérique à un instant donné sont reliés par des lignes dites isobariques (ou isobares). En principe, plus les lignes d’isobares sont serrées, plus le vent est fort. Les fronts chauds, les fronts froids, ainsi que les centres de basse et de haute pression sont représentés par des symboles spécifiques.

Les prévisions météorologiques

La prévision météorologique est réalisée en 3 étapes principales :

  1. la collecte d’informations
  2. la simulation
  3. l’analyse des résultats.

Les informations relatives à la situation météorologique actuelle proviennent généralement des satellites, des stations météorologiques sur terre, et de capteurs embarqués sur des avions, des navires, ou des bouées.

Les données sont ensuite traitées en utilisant des processus de simulation mathématique très complexes baptisés « modèles météo » ou « modèles de prévision » qui permettent d’obtenir des scénarios d’évolution de la météo. Il existe plusieurs modèles qui adoptent des méthodes de calcul qui sont plus ou moins différentes. Chaque modèle présente les caractéristiques suivantes :

  • Un nom
  • Une source (l’organisme ayant fourni les informations météorologiques comme par exemple l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique ou NOAA)
  • Une zone de couverture des prévisions (couverture mondiale, continentale, régionale, côtière, etc.)
  • Un maillage : un modèle de prévision divise l’atmosphère en petites zones appelées mailles. Le maillage, est en quelque sorte la résolution adoptée pour réaliser les simulations numériques en 3 D. Plus la maille est fine, plus les prévisions sont pertinentes.
  • Une durée de prévision (une prévision pour les 10 prochains jours par exemple).
  • Un pas (fréquence d’actualisation des prévisions : une prévision toutes les 3 heures par exemple).

Parmi les principaux modèles de prévision météorologique, on peut citer les modèle GFS (Etats-Unis), WRF (Etats-Unis), GEM (Canada), IFS (Europe), ICON (Allemagne), ou encore UM (Royaume-Uni). Météo France adopte généralement trois modèles pour réaliser les simulations météorologiques: ARPEGE (modèle global), Aladin (modèle régional), et Arome (modèle régional à maille fine couvrant uniquement la France métropolitaine).

Les scénarios obtenus avec les modèles de calcul sont finalement analysés par des experts prévisionnistes et élaborés sous forme de cartes de prévisions, graphes, ou bulletins météo. Les prévisions validées peuvent être visionnées avec un lecteur de fichiers Grib (zyGrib, XyGrib, SailGrib, uGrib, etc.).

Les bulletins météorologiques

Conformément aux règles internationales définies par le Système Mondial de Détresse et de Sécurité   en Mer (SMDSM), les services nationaux de météorologie et de climatologie, comme Météo-France par exemple, doivent diffuser régulièrement (à heure fixe) des bulletins météorologiques afin de renseigner les navigateurs sur les conditions météorologiques du milieu marin. On distingue généralement 5 types de bulletins météorologiques :

  • Les bulletins de sécurité « rivage » qui couvrent une zone côtière de 2 miles nautiques de large.
  • Les bulletins de sécurité « côte » qui couvrent une zone allant jusqu’à 20 miles nautiques des côtes.
  • Les bulletins de sécurité « large » qui couvrent une zone allant jusqu’à 200 miles des côtes.
  • Les bulletins de sécurité « grand large » (au-delà de 200 miles des côtes).
  • Les bulletins météorologiques spéciaux BMS qui sont diffusés dès que les conditions climatiques deviennent potentiellement dangereuses. On distingue les BMS-côte qui sont diffusés dès que la vitesse du vent atteint une force 7 Beaufort sur les côtes, et les BMS-grand large diffusés dès que la vitesse du vent atteint une force 8 Beaufort sur le large et le grand large.

Les bulletins météorologiques sont diffusés par différents moyens : capitaineries, radio VHF, système Navtex, réseau de satellites Inmarsat-C, service Navimail, site web de météo France, etc…

Conclusion

Que l’on soit novice ou navigateur confirmé, il est primordial de savoir consulter et analyser les données météorologiques (prévisions, bulletins, graphes, etc.). Les mauvaises conditions météorologiques peuvent impacter non seulement le confort des navigateurs, mais également leur sécurité personnelle. Il faut généralement consulter les prévisions météorologiques au moins 8 jours avant la date de navigation et ensuite tous les jours, au minimum le matin et le soir pendant la navigation.

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Sources

http://www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/la-prevision-du-temps/les-modeles-de-prevision-de-meteo-france

http://www.meteofrance.fr/activites-recherche/ameliorer-les-previsions-meteorologiques/mieux-assimiler-les-donnees-disponibles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isobare_(m%C3%A9t%C3%A9orologie)

http://publications.gc.ca/collections/collection_2017/eccc/En56-240-2013-fra.pdf

http://dominique.hausser.ch/IMG/pdf/20180407_meteomarineaujourdhui.pdf

http://www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/la-prevision-du-temps/les-modeles-de-prevision-de-meteo-france

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Beaufort

http://www.meteofrance.fr/documents/10192/24678998/Guide+marine+2018+.pdf/4e889ab7-1836-4e23-aa67-a791b405944b

http://leguidemeteo.com/petit-manuel-de-meteo-marine/


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