Comment manœuvrer un bateau à deux moteurs ?

Comment manœuvrer un bateau à deux moteurs _
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Si naviguer est toujours un grand plaisir pour les plaisanciers, il est primordial de comprendre et d’anticiper les réactions du bateau pour mieux le maîtriser. Manœuvrer un bateau à deux moteurs peut s’avérer difficile pour les débutants et les moins expérimentés. Et pourtant, avec les bonnes techniques et un peu d’entraînement, cela devient un jeu d’enfant ! Voici tout ce qu’il faut savoir pour bien manœuvrer un bateau bimoteur.  

manœuvrer un bateau à deux moteurs

Caractéristiques des bateaux bimoteurs

Pour manœuvrer efficacement une embarcation à deux moteurs, il faut d’abord connaître les notions de base et les différentes forces qui agissent sur elle. Il faut ensuite traduire les connaissances acquises en actions adaptées en fonction des conditions de navigation.

L’habilité à manœuvrer un bateau bimoteur est une aptitude qui requiert non seulement une bonne connaissance des caractéristiques de l’embarcation, mais également beaucoup d’entraînement.

Propulsion et direction sur un bateau bimoteur

Les systèmes de propulsion et de direction sur un bateau bimoteur sont intimement liés. En effet, il est inutile d’appliquer une poussée si l’on ne peut pas contrôler entièrement la direction du bateau.  C’est ce qui explique d’ailleurs que dans la plupart des cas, le système d’entraînement serve aussi pour diriger le bateau. Généralement, il existe trois configurations pour assurer la poussée et le contrôle du sens de déplacement d’un bateau bimoteur :

  • Deux hélices et deux safrans séparés.
  • Deux hélices et deux safrans combinés et orientables (moteurs hors-bord et moteurs à embase).
  • Un mécanisme de pompe mécanique orientable (turbine / jet ).

Sur un bateau à deux moteurs, les deux hélices sont souvent contrarotatives. Il s’agit d’hélices de caractéristiques égales, mais qui tournent en sens contraire. En marche avant, l’hélice de tribord tourne souvent vers la droite (sens des aiguilles d’une montre) et l’hélice de bâbord tourne vers la gauche (sens anti-horaire).

manœuvrer un bateau à deux moteurs hors bord

La plupart des manœuvres sur un bateau bimoteur sont effectuées par le biais des sélecteurs d’embrayage et de vitesse.

Outre les safrans, la direction peut être contrôlée en agissant sur la vitesse et le sens de rotation de chaque moteur. Par exemple, lorsque les deux hélices tournent à la même vitesse et dans des sens opposés, les forces latérales exercées par chaque hélice sont annulées par l’autre.

Cette caractéristique peut être utilisée pour faciliter la manœuvre du bateau dans une zone étroite présentant un faible angle de rotation notamment lors de l’amarrage du bateau dans un port saturé.

La direction du bateau peut être ajustée à tout moment en agissant sur la vitesse et le sens de rotation des moteurs. Si vous voulez vous diriger à tribord, vous n’avez qu’à augmenter le régime du moteur bâbord et vice-versa. Pour modifier votre direction à vitesse réduite, embrayez le moteur sélectionné pendant une ou deux secondes, juste le temps de faire tourner l’hélice puis placez le sélecteur au point mort (N).

Point de pivot

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En navigation maritime, le point de pivot désigne un point qui trace la courbe de rotation d’un bateau, c’est-à-dire l’endroit où ce dernier pivotera lors d’un virage. Ce point est situé dans la partie avant du bateau, mais sa position varie en fonction de plusieurs facteurs comme la forme de la coque, la vitesse du bateau, l’accélération, etc.

Le point de pivot se déplace généralement dans le sens du mouvement du bateau aussi bien en marche avant qu’en marche arrière. D’ailleurs, son déplacement est l’un des facteurs qui rendent difficile la manœuvre des bateaux surtout en marche arrière.

Au fur et à mesure que le bateau tourne sur son point de pivot, la poupe se déplace effectuant un virage. Pour évaluer le déplacement du bateau, il convient donc de surveiller la poupe plutôt que l’étrave. Par ailleurs, lorsque vous faites marche arrière, soyez attentif car l’étrave peut prendre une embardée sous l’effet du vent.

Poussée dirigée

Lorsque vous dirigez le système d’entraînement vers bâbord ou tribord, vous appliquez une force de poussée dans la direction choisie. Cela fait entraîner la poupe autour du pivot. Le bateau fait donc un virage. Les moteurs hors-bord sont généralement équipés d’un petit aileron placé au-dessous de l’hélice. Cet aileron contribue à maintenir la direction du bateau notamment à des vitesses élevées. Cela dit, la maniabilité du bateau et le contrôle de la direction dépendent en grande partie de votre capacité à diriger la poussée du courant de décharge créée au niveau des hélices à un angle approprié par rapport à l’axe longitudinal de l’embarcation.

Généralement, l’hélice se trouvant du côté extérieur du virage présente un meilleur angle de poussée que l’hélice se trouvant au côté intérieur. Lorsque vous effectuez un virage dans un espace étroit, vous pouvez mettre les gaz au moteur se trouvant à l’extérieur de l’arc du virage. Cela vous aidera à obtenir une meilleure poussée dirigée, car le moteur le plus éloigné du pivot devient un levier efficace et permet de mieux contrôler la direction. Cette manœuvre peut être appliquée aussi bien en marche avant qu’en marche arrière.

Poussée latérale

Comme son nom le suggère, la poussée latérale est une force latérale produite par l’hélice. Lorsque l’hélice tourne, l’eau est poussée entre les pales produisant ainsi une poussée dirigée vers l’avant. Cela dit, une partie de l’eau est rejetée de côté par les pales, ce qui créé un léger mouvement latéral.

Contrairement à un bateau monomoteur où la poussée latérale peut occasionnellement entraver la manoeuvre de marche arrière, dans un bateau bimoteur à hélices contrarotatives, il est possible de profiter de la poussée latérale de chaque hélice pour faire tourner la poupe, que ce soit à gauche ou à droite. Si vous utilisez la poussée avant d’une hélice et inversez la direction de l’autre, vous pouvez quasiment faire un tour complet sur place, ce qui est très difficile avec un bateau monomoteur.

Si les hélices ne sont pas contrarotatives, vous pouvez faire tourner le bateau en mettant un moteur en marche avant et l’autre en marche arrière, mais dans ce cas il faudra utiliser la barre pour ajuster la direction. Cette manœuvre est toujours utile dans les zones confinées.

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Virages

  • Lorsque l’hélice tribord est en marche avant, et que l’hélice bâbord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau fera un large virage sur bâbord tout en se déplaçant lentement vers l’avant.
  • Lorsque l’hélice tribord est en marche arrière, et que l’hélice bâbord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau fera un large virage sur bâbord tout en se déplaçant lentement vers l’arrière.
  • Lorsque l’hélice bâbord est en marche avant, et que l’hélice tribord est bloquée et le safran est en position neutre, le bateau effectuera un large virage sur tribord tout en se déplaçant lentement vers l’avant.
  • Lorsque l’hélice bâbord est en marche arrière, et que l’hélice tribord est bloquée et le safran en position neutre, le bateau effectuera un large virage sur tribord tout en se déplaçant lentement vers l’arrière.

Amarrage d’un bateau à deux moteurs

L’amarrage consiste à maintenir le bateau contre un quai ou un ponton à l’aide de câbles ou de cordages (amarres). C’est l’une des manœuvres de port les plus délicates pour un plaisancier. D’un côté, les ports sont souvent saturés et la proximité entre les bateaux laisse peu de chance à l’erreur. D’un autre côté, de nombreux facteurs ont tendance à rendre les manœuvres plus complexes : vent, intempéries, rafales, courants, caractéristiques du plan d’eau, fatigue, etc. C’est ce qui explique d’ailleurs que la quasi-totalité des incidents de bateaux se font à l’approche des ports notamment au mouillage et à l’amarrage. De plus, une fois amarrées, les embarcations sont soumises au rythme du vent et de la houle, ce qui peut les mettre en péril si l’amarrage n’est pas réalisé correctement.

L’amarrage d’un bateau bimoteur est plus facile que celui d’un bateau monomoteur. Cela dit, les principes sont généralement les mêmes :

  • Aller doucement (à la vitesse minimale) pour minimiser les risques.
  • Prendre le temps de s’adapter aux caractéristiques du port d’amarrage afin de pouvoir choisir la technique la mieux adaptée.
  • Choisir l’emplacement le plus approprié ; refuser un emplacement si la manœuvre s’avère trop délicate.
  • Ne jamais improviser en cas de difficulté, il vaut mieux ressortir et recommencer pour sécuriser l’amarrage.
  • Protéger le bateau par la mise en place d’équipements appropriées (pare-battages, défenses, etc.)
  • Toujours prévoir un plan « B ».

Pour commencer, il faut préparer l’amarrage à l’avance et en eau libre. Informez-vous sur les conditions météorologiques et les caractéristiques du port d’amarrage : force et direction du vent, courant, zone de manœuvre, profondeur de l’eau, obstacles, rayon de rotation, trafic dans le port, etc.

Bien entendu, les techniques d’amarrage varient selon le support d’amarrage (quai, ponton fixe, ponton flottant, catway, pendille, etc.). En méditerranée par exemple, l’amarrage d’un bateau se fait le plus souvent perpendiculairement au quai sur une pendille. Généralement, quel que soit le type du bateau, le principe est quasiment le même, qu’il s’agisse d’un in-board, d’un hors-bord, ou d’un sterndrive.

Pour un amarrage perpendiculaire à un quai ou à un ponton, avancez doucement dans le port. Une fois que vous êtes dans le chenal d’entrée, porter une attention particulière à trois éléments principaux afin de mieux anticiper le comportement du bateau :

  • Gardez un œil sur la girouette pour suivre de près la direction et la force du vent.
  • Repérez la force, l’intensité, et la direction du courant d’eau.
  • Évaluez le trafic en cours dans le port et identifiez les obstacles éventuels pouvant impacter l’amarrage.

Il existe plusieurs méthodes pour amarrer un bateau bimoteur contre un quai. Pour un débutant, la méthode la plus simple est la suivante :

À l’approche du quai, le sens de déplacement du bateau doit être parallèle à ce dernier. Une fois que vous êtes en face du quai, arrêtez les moteurs et centrez la barre. Ensuite, inversez le sens de rotation du moteur du côté bâbord. Le moteur du côté tribord doit maintenir le même sens de déplacement. Cette manœuvre permet au bateau de se diriger vers le quai en marche arrière. Durant cette opération, veillez à ne pas utiliser le volant pour changer la direction du bateau.

L’amarrage peut être effectué uniquement en utilisant les moteurs. Pour arrêter le mouvement de rotation et garder le contrôle du bateau, vous pouvez inverser brièvement le sens de rotation des deux moteurs. Si la proue est trop éloignée de l’emplacement d’amarrage, vous pouvez basculer avec une légère poussée en arrière à tribord puis en avant à bâbord. Une fois que le bateau est en place au quai, il ne vous reste plus qu’à fixer les pointes avant et arrière pour finaliser l’amarrage.

Départ du quai

La méthode de sortie dépend généralement de la méthode utilisée pour l’amarrage. Cependant, la technique la plus simple pour quitter un poste d’amarrage au quai est de sortir en marche arrière. L’idée est de faire pivoter graduellement la poupe vers l’extérieur en agissant sur les deux moteurs. Soyez tout de même attentif car la présence d’une autre embarcation ou d’une obstruction quelconque complique souvent la sortie du poste d’amarrage. Le courant et le vent peuvent également affecter le niveau de contrôle du bateau.

Manœuvrer un bateau bimoteur : ce qu’il faut retenir

La manœuvre d’un bateau à deux moteurs est généralement plus facile que celle d’un bateau à un seul moteur. Voici quelques conseils pratiques pour vous aider :

  • Planifiez toujours vos manœuvres à l’avance.
  • N’improvisez jamais en cas de difficulté ou de problème.
  • Lorsque vous pilotez votre bateau dans une zone étroite, utilisez toujours le moteur se trouvant du côté extérieur de l’arc du virage pour contrôler la direction.
  • Ne prenez jamais une manœuvre à la légère et restez toujours attentif, même si les conditions de navigation vous paraissent favorables.
  • Lors de l’amarrage, conduisez toujours votre bateau à la vitesse minimale surtout dans un port saturé : moins vous allez vite, moins vous tapez fort !

À la fin, nous espérons que les informations fournies dans cet article vous aideront à mieux manœuvrer votre bateau bimoteur. Vous comprenez maintenant toute l’importance de l’habilité à manier les deux moteurs pour ajuster la vitesse et la direction du bateau. Prenez donc le temps de vous entraîner dans un espace dégagé afin de vous adapter aux caractéristiques de votre bateau et d’évaluer son comportement (puissance des moteurs, accélération, rayon de rotation, etc.). Rappelez-vous que la clé de réussite des différentes manœuvres réside dans le temps et l’effort que vous allez consacrer à l’apprentissage et à l’entraînement !

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Apprenez à manoeuvrer des bateaux à 2 moteurs

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